Et si le brouillard était votre meilleur allié ? Redécouvrir la gestion de projet par l'intelligence collective.
En gestion de projet, il est souvent difficile de trouver l’équilibre entre efficacité et dialogue, prise de décision et flexibilité, ou encore précipitation et immobilisme. Nous avons tendance à vouloir tout savoir et tout maîtriser pour décider et avancer.
J’ai expérimenté, avec l’organisme Didascalis, une méthode de gestion de projet qui ouvre une voie d’équilibre intéressante pour répondre à ces ambivalences. Cette approche apprend à agir « dans le brouillard », sans maîtriser l’intégralité des contours d'un projet. Tout comme dans le brouillard nous percevons mieux le faisceau lumineux, je crois qu’avec une vision partielle, nous nous focalisons davantage sur l’objectif commun et les enjeux, ce qui offre un résultat plus cohérent et porteur de sens.
Voici les principes clés de cette méthode :
1. L’objectif commun et les enjeux sont connus de tous. Chacun agit pour servir cet objectif qui prime sur les intérêts individuels. Chaque membre a confiance dans l’implication de l’autre pour servir cette ambition partagée.
2. Le collectif est divisé en sous-groupes « thématiques » et « besoins ». Chaque membre est ainsi impliqué dans au moins deux sous-groupes avec des responsabilités et des compositions différentes. Ces sous-groupes sont, par décret, autonomes et compétents : ils construisent et prennent des décisions sur leur champ de responsabilité sans nécessiter la validation de l’ensemble du grand groupe.
3. La transparence de l’information. Les données clés sont diffusées sur un espace accessible à tous, sans reporting détaillé de chaque action. Des temps d’échanges en collectif complet sont planifiés pour partager les informations majeures et formuler des demandes précises (Quoi ? Pour qui ? Pour quand ?).
Cette organisation implique d’avancer sans connaître tous les détails. Cela permet de lâcher prise, d’accepter de ne pas tout maîtriser et de se concentrer pleinement sur sa mission. C’est aussi un moyen de prendre des décisions qui laissent de la flexibilité dans l’action et, donc, de gagner en agilité.
Le fait que chaque membre soit « multi-casquettes » offre la possibilité de regarder le projet sous différents angles, de gagner en empathie et en créativité. Cela multiplie les occasions d’exercer ses compétences, de se sentir utile et de prendre du plaisir !
Ce procédé est une invitation à construire dans l’incertitude en s’appuyant sur soi et sur les autres. Avec un prisme plus large, n’est-ce pas une belle manière d’aborder nos vies ? Avancer et faire des choix en fonction de ce que nous maîtrisons, tout en restant ouverts et adaptables face à ce que nous ne pouvons contrôler.
À son époque, Marc Aurèle avait peut-être déjà toutes les clés de la gestion de projet dans un monde complexe lorsqu’il disait : « Donnez-moi la sérénité d’accepter ce que je ne peux changer, le courage de changer ce que je peux et la sagesse d’en connaître la différence. »
Pour expérimenter la gestion de projet en intelligence collective et apprendre à naviguer dans la complexité, contactez-nous.